Le Juif errant

 

 

 

 

Le Juif errant a paru en feuilleton en 1844-45. Il est publié ici en deux tomes.

Édition de référence pour cette numérisation : Paris, Laffont, 1983, coll. Bouquins.

 

 

 

 

 

Eugène Sue vu par Alexandre Dumas

 

 

La mort est en fête ! Elle frappe à coups redoublés dans nos rangs : après Alfred de Musset, c’était l’auteur de Frétillon et du Dieu des bonnes gens ; après Béranger, c’est l’auteur de Mathilde et des Mystères de Paris !

Quel malheur invisible et inconnu pèse donc sur la France, qu’elle laisse tomber de pareilles larmes dans le gouffre de l’éternité ?

Ce que nous avons perdu depuis dix ans suffirait à enrichir la littérature d’un peuple : Frédéric Soulié, Chateaubriand, Balzac, Gérard de Nerval, Augustin Thierry, Mme de Girardin, Alfred de Musset, Béranger, Eugène sue !

Le dernier fut le plus à plaindre de tous ; lui mourut deux fois : l’exil est une première mort.

À nous de raconter cette vie de luttes, de jeunesse folle et de sombre âge mur ; à nous de montrer l’homme comme il fut aux différentes périodes de sa vie.

Allons, plume et cœur, à l’œuvre !

Nous diviserons la vie d’Eugène Sue en trois phases, et nous laisserons à chacune d’elles le caractère qu’elle a eu.

L’enfant insoucieux et gai.

Le jeune homme inquiet et douteur.

L’homme désenchanté et triste.

 

L’enfant

 

À vingt kilomètres de Grasse, existe un petit port de mer qu’on appelle La Calle ; c’est le berceau de la famille Sue, célèbre à la fois dans la science et dans les lettres.

La Calle est encore peuplée des membres de cette famille, qui composent à eux seuls, peut-être, la moitié de la population.

C’est de là que, vers la fin du règne de Louis XV, partit un jeune étudiant aventureux qui vint s’établir médecin à Paris.

Ayant réussi, il appela ses neveux dans la capitale, où deux d’entre eux se distinguèrent particulièrement.

C’étaient Pierre Sue, qui devint professeur de médecine légale et bibliothécaire de l’école : celui-là a laissé des œuvres de haute science ; Jean Sue, qui fut chirurgien en chef de la Charité, professeur à l’École de médecine, professeur d’anatomie à l’École des beaux-arts, chirurgien du roi Louis XVI.

Ce dernier eut pour successeur et continuateur Jean-Joseph Sue, qui, outre la place des Beaux-Arts, dont il hérita de son père, devint médecin en chef de la garde impériale, et, plus tard, médecin en chef de la maison militaire du roi.

Ce fut le père d’Eugène Sue.

Et, ici, constatons un fait : c’est que Jean Sue, père d’Eugène Sue, fut celui qui soutint contre Cabanis la fameuse discussion sur la guillotine, lorsque son inventeur, M. Guillotin, affirma à l’Assemblée nationale que les guillotinés en seraient quittes pour une légère fraîcheur sur le cou. Jean-Joseph Sue, au contraire, soutint la persistance de la douleur au-delà de la séparation de la tête, et il défendit son opinion par des arguments qui prouvaient sa science profonde de l’anatomie, et par des exemples pris, les uns chez des médecins allemands, les autres sur la nature.

On a dit dernièrement, à propos de la mort d’Eugène Sue, qu’il était né en 1801.

Il me dit un jour, à moi, qu’il était né le 1er janvier 1803, et nous calculâmes qu’il avait cinq mois de moins que moi, quelques jours de plus que Victor Hugo.

Il eut pour parrain le prince Eugène, pour marraine, l’impératrice Joséphine ; de là son prénom d’Eugène.

Il fut nourri par une chèvre et conserva longtemps les allures brusques et sautillantes de sa nourrice.

Il fit, ou plutôt ne fit pas ses études au collège Bourbon ; car, ainsi que tous les hommes qui doivent conquérir dans les lettres un nom original et une position éminente, Eugène Sue fut un exécrable écolier.

Son père, médecin de dames surtout, faisait un cours d’histoire naturelle à l’usage des gens du monde ; il s’était remarié trois fois, et était riche de deux millions, à peu près.

Il demeurait rue du Rempart, rue qui a disparu depuis, et qui était située alors derrière la Madeleine.

Tout ce quartier était occupé par des chantiers ; le terrain n’y valait pas le dixième de ce qu’il vaut aujourd’hui. M. Sue y possédait une belle maison, avec un magnifique jardin.

Dans la même maison que M. Sue, demeurait sa sœur, mère de Ferdinand Langlé, qui, en collaboration avec Villeneuve, a fait, de 1822 à 1830, une cinquantaine de vaudevilles.

En 1817 et 1818, les deux cousins allaient ensemble au collège Bourbon, c’est-à-dire que Ferdinand y allait, et que le futur auteur de Mathilde était censé y aller.

Eugène avait un répétiteur à domicile. J’ai encore connu ce brave homme : c’était un digne Auvergnat de cinq pieds de haut, qui, étant entré pour faire répéter Eugène Sue, et tenant à gagner honnêtement son argent, n’hésitait pas à soutenir des luttes corps à corps avec son élève, qui avait la tête de plus que lui.

Ordinairement, lorsqu’une de ces luttes menaçait, Eugène Sue prenait la fuite, mais, comme Horace, pour être poursuivi et vaincre son vainqueur.

Le père Delteil – c’est ainsi que se nommait le digne répétiteur – se laissait constamment prendre à cette manœuvre stratégique, si simple qu’elle fût.

Eugène fuyait au jardin, le répétiteur l’y suivait ; mais, arrivé là, l’écolier rebelle se trouvait à la fois au milieu d’un arsenal d’armes offensives et défensives.

Les armes défensives, c’étaient les plates-bandes du jardin botanique, le labyrinthe, dans lequel il se réfugiait, et où le père Delteil n’osait le poursuivre, de peur de fouler aux pieds les plantes rares, que l’écolier fugitif écrasait impitoyablement et à pleine semelle ; les armes offensives, c’étaient les échalas portant sur des étiquettes les noms scientifiques des plantes, échalas qu’Eugène Sue, comme le fils de Thésée, convertissait en javelots pour pousser au monstre, et qu’il lui lançait avec une adresse qui eût fait honneur à Castor et à Pollux, les deux plus habiles lanceurs de javelots de l’Antiquité, avant que Racine eût inventé Hippolyte.

Oh ! ne nous reprochez pas la gaieté qui s’étendra sur cette première phase de la vie de notre ami, qui fut notre confrère sans être notre rival. C’est le rayon de soleil auquel a droit toute jeunesse qui n’est point maudite du Seigneur. La fin de la vie sera assez triste, allez ! assez sombre, assez orageuse !

Suivons donc l’enfant dans son jardin, nous retrouverons l’homme dans son désert.

Quand il fut démontré au père d’Eugène Sue que la vocation de son fils était de lancer le javelot et non d’expliquer Horace et Virgile, il le tira du collège et le fit entrer, comme chirurgien sous-aide, à l’hôpital de la Maison du roi, dont il était chirurgien en chef, et qui était situé rue Blanche.

Eugène Sue y retrouva son cousin Ferdinand Langlé et le futur docteur Louis Véron, qui devait aussi abandonner la médecine, non pour faire, mais pour faire faire de la littérature.

Nous avons dit qu’Eugène Sue avait beaucoup du caractère de sa nourrice la chèvre. C’était, en effet, et nous l’avons encore connu ainsi, un franc gamin de bonne maison, toujours prêt à faire quelque méchant tour, même à son père, et, disons plus, surtout à son père, qui venait de se remarier et le traitait fort rudement.

Mais aussi, comme on se vengeait de cette rudesse !

Le docteur Sue occupait ses élèves à lui préparer son cours d’histoire naturelle ; la préparation se faisait dans un magnifique cabinet d’anatomie qu’il a laissé par testament aux Beaux-Arts. Ce cabinet, entre autres curiosités, contenait le cerveau de Mirabeau, conservé dans un bocal.

Les préparateurs en titre étaient Eugène Sue, Ferdinand Langlé et un de leurs amis nommé Delattre, qui fut, depuis, et est probablement encore docteur médecin ; les préparateurs amateurs étaient un nommé Achille Petit et un vieil et spirituel ami à nous, James Rousseau.

Les séances de préparation étaient assez tristes, d’autant plus tristes que l’on avait devant soi, à portée de la main, deux armoires pleines de vins près desquels le nectar des dieux n’était que de la blanquette de Limoux.

Ces vins étaient des cadeaux qu’après l’invasion de 1815, les souverains alliés avaient faits au docteur Sue. Il y avait des vins de tokai donnés par l’empereur d’Autriche ; des vins du Rhin donnés par le roi de Prusse, du johannisberg donné par M. de Metternich, et, enfin, une centaine de bouteilles de vin d’Alicante, données par Mme de Morville, et qui portaient la date respectable, mieux que respectable, vénérable de 1750.

On avait essayé de tous les moyens pour ouvrir les armoires : les armoires avaient vertueusement résisté à la persuasion comme à la force.

On désespérait de faire jamais connaissance avec l’alicante de Mme de Morville, avec le johannisberg de M. de Metternich, avec le liebfraumilch du roi de Prusse, et avec le tokai de l’empereur d’Autriche, autrement que par les échantillons que, dans ses grands dîners, le docteur Sue versait à ses convives dans des dés à coudre, lorsqu’un jour, en fouillant dans un squelette, Eugène Sue trouva par hasard un trousseau de clefs.

C’étaient les clefs des armoires !

Dès le premier jour, on mit la main sur une bouteille de vin de tokai au cachet impérial, et on la vida jusqu’à la dernière goutte ; puis on fit disparaître la bouteille.

Le lendemain, ce fut le tour du johannisberg ; le surlendemain, celui du liebfraumilch ; le jour suivant, de l’alicante.

On en fit autant de ces trois bouteilles que de la première.

Mais James Rousseau, qui était l’aîné et qui, par conséquent, avait une science du monde supérieure à celle de ses jeunes amis, qui hasardaient leurs pas sur le terrain glissant de la société, James Rousseau fit judicieusement observer qu’au train dont on y allait, on creuserait bien vite un gouffre, que l’œil du docteur Sue plongerait dans ce gouffre et qu’il y trouverait la vérité.

Il fit alors cette proposition astucieuse de boire chaque bouteille au tiers seulement, de la remplir d’une composition chimique qui, autant que possible, se rapprocherait du vin dégusté ce jour-là, de la reboucher artistement et de la remettre a sa place.

Ferdinand Langlé appuya la proposition et, en sa qualité de vaudevilliste, y ajouta un amendement ; c’était de procéder à l’ouverture de l’armoire à la manière antique, c’est-à-dire avec accompagnement de chœurs.

Les deux propositions passèrent à l’unanimité.

Le même jour, l’armoire fut ouverte sur ce chœur, imité de La Leçon de botanique.

Le coryphée chantait :

 

Que l’amour et la botanique

N’occupent pas tous nos instants ;

Il faut aussi que l’on s’applique

À boire le vin des parents.

 

Puis le chœur reprenait :

 

Buvons le vin des grands-parents !

 

Et l’on joignait l’exemple au précepte. Une fois lancés sur la voie de la poésie, les préparateurs composèrent un second chœur pour le travail. Ce travail consistait particulièrement à empailler de magnifiques oiseaux que l’on recevait des quatre parties du monde. Voici le chœur des travailleurs :

 

Goûtons le sort que le ciel nous destine ;

Reposons-nous sur le sein des oiseaux ;

Mêlons le camphre à la térébenthine,

Et par le vin égayons nos travaux.

 

Sur quoi, on buvait une gorgée de la bouteille, qui se trouvait non pas au tiers, mais à moitié vide.

Il s’agissait de suivre l’ordonnance de James Rousseau et de la remplir.

C’était l’affaire du comité de chimie, composé de Ferdinand Langlé, d’Eugène Sue et de Delattre ; plus tard, Romieu y fut adjoint.

Le comité de chimie faisait un affreux mélange de réglisse et de caramel, remplaçait le vin bu par ce mélange improvisé, rebouchait la bouteille aussi proprement que possible et la remettait à sa place.

Quand c’était du vin blanc, on clarifiait la préparation avec des blancs d’œufs battus.

Mais parfois la punition retombait sur les coupables.

De temps en temps, M. Sue donnait de grands et magnifiques dîners ; au dessert, on buvait tantôt l’alicante de Mme de Morville, tantôt le tokai de Sa Majesté l’empereur d’Autriche, tantôt le johannisberg de M. de Metternich, tantôt le liebfraumilch du roi de Prusse.

Tout allait à merveille si l’on tombait sur une bouteille vierge ; mais plus on allait en avant, plus les virginités fondaient aux mains des travailleurs.

Il arriva que l’on tomba quelquefois, puis souvent, puis enfin presque toujours sur des bouteilles revues et corrigées par le comité de chimie.

Alors il fallait avaler le breuvage.

Le docteur Sue goûtait de son vin, faisait une légère grimace et disait :

– Il est bon, mais il demande à être bu.

Et c’était une si grande vérité, et le vin demandait si bien à être bu, que, le lendemain, on recommençait à le boire.

Tout cela devait finir par une catastrophe, et, en effet, tout cela finit ainsi.

Un jour que l’on savait le docteur Sue à sa maison de campagne de Bouqueval, d’où l’on comptait bien qu’il ne reviendrait pas de la journée, on s’était, à force de séductions sur la cuisinière et les domestiques, fait servir dans le jardin un excellent dîner sur l’herbe.

Tous les empailleurs, comité de chimie compris, étaient là, couchés sur le gazon, couronnés de roses, comme les convives de la vie inimitable de Cléopâtre, buvant à plein verre le tokai et le johannisberg, ou plutôt l’ayant bu, quand, tout à coup, la porte de la maison donnant sur le jardin s’ouvrit et le commandeur apparut. Le commandeur, c’était le docteur Sue. Chacun, à cette vue, s’enfuit et se cache. Rousseau seul, plus gris que les autres, ou plus brave dans le vin, remplit deux verres, et, s’avançant vers le docteur :

– Ah ! mon bon monsieur Sue, dit-il en lui présentant le moins plein des deux verres, voilà de fameux tokai ! À la santé de l’empereur d’Autriche !

On devine la colère dans laquelle entra le docteur, en retrouvant sur le gazon le cadavre d’une bouteille de tokai, les cadavres de deux bouteilles de johannisberg et de trois bouteilles d’alicante. On avait bu l’alicante à l’ordinaire.

Les mots de vol, d’effraction, de procureur du roi, de police correctionnelle, grondèrent dans l’air comme gronde la foudre dans un nuage de tempête.

La terreur des coupables fut profonde.

Delattre connaissait un puits desséché aux environs de Clermont ; il proposait de s’y réfugier.

Huit jours après, Eugène Sue partait comme sous-aide pour faire la campagne d’Espagne de 1823.

Il avait vingt ans accomplis.

La ligne imperceptible qui sépare l’adolescent du jeune homme était franchie.

C’est au jeune homme que nous allons avoir affaire.

 

Le jeune homme

 

Eugène Sue fit la campagne, resta un an à Cadix, et ne revint à Paris que vers le milieu de 1824.

Le feu du Trocadéro lui avait fait pousser les cheveux et les moustaches ; il était parti imberbe, il revenait barbu et chevelu.

Cette croissance capillaire, qui faisait d’Eugène Sue un très beau garçon, flatta probablement l’amour-propre du docteur Sue, mais ne relâcha en rien les cordons de sa bourse.

Ce fut alors que, par de Leuven et Desforges, je fis connaissance avec Eugène Sue.

À cette époque, où ma vocation était déjà décidée, il n’avait, lui, aucune idée littéraire.

Desforges, qui avait une petite fortune à lui, Ferdinand Langlé, que sa mère adorait, étaient les deux Crassus de la société. Quelquefois, comme faisait Crassus à César, ils prêtaient non pas vingt millions de sesterces, mais vingt, mais trente, mais quarante, et même jusqu’à cent francs aux plus nécessiteux.

Outre sa bourse, Ferdinand Langlé mettait à la disposition de ceux des membres de la société qui n’étaient jamais sûrs ni d’un lit, ni d’un souper, sa chambre dans la maison de M. Sue, et l’en-cas que sa mère, pleine d’attentions pour lui, faisait préparer tous les soirs.

Combien de fois cet en-cas fut-il la ressource suprême de quelque membre de la société qui avait mal dîné, ou même qui n’avait pas dîné du tout !

Ferdinand Langlé, notre aîné, grand garçon de vingt-cinq à vingt-six ans, auteur d’une douzaine de vaudevilles, amant d’une actrice du Gymnase nommée Fleuriet, charmante fille que je revois comme un mirage de ma jeunesse, et qui mourut vers cette époque, empoisonnée, dit-on, par un empoisonneur célèbre ; Ferdinand Langlé rentrait rarement chez lui. Mais, comme le domestique, complètement dans nos intérêts, affirmait à Mme Langlé que Ferdinand vivait avec la régularité d’une religieuse, la bonne mère avait le soin de faire mettre tous les soirs l’en-cas sur la table de nuit.

Le domestique mettait donc l’en-cas sur la table de nuit, et la clef de la petite porte de la rue à un endroit convenu.

Un attardé se trouvait-il sans asile, il se dirigeait vers la rue du Rempart, allongeait la main dans un trou de la muraille, y trouvait la clef, ouvrait la porte, remettait religieusement la clef à sa place, tirait la porte derrière lui, allumait la bougie, s’il était le premier, mangeait, buvait et se couchait dans le lit.

Si un second suivait le premier, il trouvait la clef au même endroit, pénétrait de la même façon, mangeait le reste du poulet, buvait le reste du vin, levait la couverture à son tour et se fourrait dessous.

Si un troisième suivait le second, même jeu pour la clef, même jeu pour la porte ; seulement, celui-ci ne trouvait plus ni poulet, ni vin, ni place dans le lit : il mangeait le reste du pain, buvait un verre d’eau et s’étendait sur le canapé.

Si le nombre grossissait outre mesure, les derniers venus tiraient un matelas du lit et couchaient par terre.

Une nuit, Rousseau arriva le dernier ; la lumière était éteinte : il compta à tâtons quatorze jambes !

Cela dura quatre ou cinq ans, sans que le docteur Sue se doutât le moins du monde que sa maison était un caravansérail dans lequel l’hospitalité était pratiquée gratis et sur une grande échelle.

Au milieu de cette vie de bohème, Eugène fut pris tout à coup de la fantaisie d’avoir un groom, un cheval et un cabriolet, Or, comme son père lui tenait de plus en plus la dragée haute, il lui fallut, pour pouvoir satisfaire ce caprice, recourir aux expédients.

Il fut mis en rapport avec deux honnêtes capitalistes qui vendaient des souricières et des contrebasses aux jeunes gens qui se sentaient la vocation du commerce...

On les nommait MM. Ermingot et Godefroy.

J’ignore si ces messieurs vivent encore et font le même métier ; mais, ma foi, à tout hasard, nous citons les noms, espérant qu’on ne prendra pas les lignes que nous écrivons pour une réclame.

MM. Ermingot et Godefroy allèrent aux informations ; ils surent qu’Eugène Sue devait hériter d’une centaine de mille francs de son grand-père maternel et de quatre à cinq cent mille francs de son père.